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Lait

Mélancolie de l’Anatomie (Shelley Jackson)

Les Grecs divisaient la création en quatre éléments : la terre, l’air, le feu et le lait. De ceux-ci, le lait est le plus amical, le plus proche de notre cœur. Pourquoi le lait tombe-t-il du ciel pour remplir nos mains en coupe ? Pourquoi les fleuves doux et blancs coulent-ils jusqu’à la mer amère et ne sont-ils jamais à sec ? La raison est évidente : le ciel nous aime.

Description : Caractéristiques physiques
(Tiré du Guide de Conversation de l’écrivain du ciel)

• les doux nuages ivoirins étaient inopinément généreux au-dessus de la ligne d’horizon bien nette
 
• derrière le voile de brume il y avait une infime suggestion de courbes nubiles
 
• des nuages minuscules au profil piquant tant admiré par les Français bourgeonnaient sur l’arc exquis du ciel
 
• l’air raréfié s’évasa en un cumulonimbus ferme et haut perché

D’où vient le lait ? Il vient de partout autour de nous. Nous buvons du lait et, quand nous respirons, de minuscules particules s’éloignent en flottant dans l’air. Chiens et chats, musaraignes et éléphants : tous les mammifères exhalent de la vapeur de lait. Le lait dans l’air se rassemble en nuages ; lorsque le ciel nous aime suffisamment, il pleut. Une fois que les nuages ont laissé tomber leur charge, ils retournent vers la mer pour se remplir. Puis ils reviennent au-dessus de la terre pour nous chercher.

La mer s’étend aussi loin que va le regard. Ici, dans le nord, son odeur aigre n’est qu’une saveur agréable dans l’air. Sous sa peau douce et ridée, la vague blanche enfle. Elle s’élève, toujours sèche, et se dresse à distance de la plage tel un animal albinos. Puis la peau se déchire à la crête de la vague et se replie, et en jaillit l’arc virginal. Comme un serpent muant en une seule secousse passionnée, le corps brillant sort de sa peau déchirée et tombe sur la plage. Des débris abandonnés de peau parcheminée sont poussés par le vent par-dessus les dunes et s’accrochent dans les cyprès tordus : nous, les gens du nord, nous les appelons des « spectres ».

Le lait des mers du nord a un goût plus fort que le lait de pluie et il est plus difficile à digérer, mais potable. Voyagez vers le sud, cependant, et la scène change. Une immense plaque de lait caillé couvre la mer. Ce caillé immobilise toutes les houles, sauf les plus énergiques, et porte non seulement des moisissures d’un rose, d’un vert et d’un noir extravaguant, mais aussi des champs d’herbes et même parfois un buisson solitaire ou un petit arbre, ainsi que des populations vagabondes de souris, de geckos, de grenouilles et de mangoustes. Il voit même quelquefois un pèlerinage des plus petits animaux en troupeaux se risquant à un voyage en mer pour rechercher de nouveaux pâturages. Les nuages ne peuvent se remplir ici qu’au-dessus de ces immenses trous permanents dans le lait caillé où les baleines font surface pour respirer.

Pour les gros navires, le passage, dans ces régions, nécessite une proue aiguisée, appelée couteau à beurre, capable de trancher dans le caillé et le laisser se replier proprement de chaque côté, bien que les indigènes utilisent une sorte de traîneau tiré par des canards au pas rapide et aux ailes rognées élevés pour leurs larges pieds plats. D’ailleurs, les indigènes protestent contre les cargos et les tankers et sont parvenus à introduire une législation les obligeant à suivre des routes tracées, de telle sorte que le désordre de blanquise brisée et de beurrebergs qu’ils laissent dans leur sillage n’empêche pas le trafic local de se rendre sur les lieux de pêche.

Les pêcheurs découpent des trous dans le caillé et plongent leurs lignes dans le lait en dessous. Ils ne paraissent pas gênés par la puanteur du lait aigre, qui ferait tomber un terrien. C’est une vie facile : la vie grouille dans le lait sombre et secret sous la couverture caoutchouteuse. Mais une mer blanche sous un ciel blanc est un spectacle éblouissant, et nombre de pêcheurs souffrent de cécité laiteuse. Les pêcheurs sanglotent parfois sur leurs prises, ébahis par les couleurs qui ondulent dans ce monde monochrome. C’est un événement ordinaire que personne ne penserait à mépriser.

Description : Couleur
(Tiré du Guide de Conversation de l’écrivain du ciel)

quartz, pierre de lune, ivoire, crème, albâtre, opale, magnolia, vanille, craie, huître, lis, coquille d’œuf, écru

Le pêcheur heureux qui possède la vue peut parfois observer la renaissance d’un nuage.

Un nuage qui a laissé tomber son lait est un être très aérien, pratiquement invisible et, selon toutes les mesures, sans vie. La peau sèche du nuage est poussée de-ci de-là, impuissante. Il peut arriver qu’on en trouve un pris dans une haie ou enroulé autour d’une antenne de télévision, mais ceux-là ne tardent pas à se désintégrer. Ceux qui ont de la chance sont poussés vers le nord ou, au sud, vers un trou de respiration des baleines ou le sillage désordonné d’un navire. Si notre marin attentif est suffisamment proche, il pourra voir la frêle enveloppe s’enfoncer dans le sein d’une vague. Miraculeusement, le nuage s’érige en tremblant. La peau translucide se remplit de lait. La forme est tirée à hue et à dia en se remplissant. Elle titube, puis devient rebondie et ferme. Au bout de quelques minutes, le fantôme bondit, de nouveau corporifié, vers le ciel.

Si le ciel exprime son amour par le lait, les nuages sont alors les organes de son expression. De tendres pulsions forment de minuscules épaississements dans le tissu du ciel. Ces grumeaux grandissent, incubés par la chaleur du soleil et pétris par les courants venteux. Lorsque le nuage atteint la masse critique, il cesse de grandir. Il y a un temps d’arrêt. Alors se passe une chose extraordinaire. À l’intérieur du nuage de minuscules lobes et lobules commencent à se former, à grandir et à se diviser. Ils se multiplient à une vitesse étonnante. Aucune matière supplémentaire n’est nécessaire ; les nuages les plus énormes que vous ayez vus sont tissés, telle de la barbe à papa, à partir d’un grumeau gluant pas plus gros que le poing serré d’un bébé.

Un nuage est un organe sécréteur de lait. Cette grosseur glandulaire informe est couverte, à la partie inférieure ou ventre du nuage, de tout petits pores dans lesquels s’ouvrent les canaux galactophores. Si le nuage n’est pas une forme de vie intelligente, il possède néanmoins un système musculaire primitif qui réagit involontairement aux stimuli en se durcissant et, s’il est engorgé, en laissant tomber son lait. Les nuages sont presque entièrement faits de lait ; c’est pour cela qu’ils sont blancs. (Nous aussi, nous sommes fait de lait à plus de 90%. Cependant, cette petite partie de matière est suffisante à nous rendre opaques et colorés, il est bon de se rappeler que nous sommes littéralement des nuages intelligents ; nous avons des parents dans le ciel.) Certains nuages ont un pigment plus sombre sur le bas-ventre porteur de pluie ou aréole. Cet obscurcissement indique que le lait est prêt à tomber.

Le nuage consiste en un fin réseau arborescent de canaux et de réservoirs très délicats, rassemblés sans ordre à l’intérieur d’une peau poreuse. Pendant la lactation, ou « pluie », les cellules se contractent en rythme et poussent le lait dans les canaux jusqu’aux minuscules pores de la peau, où se forment les gouttes de pluie. Le nuage se vide par essorage et, ce faisant, sa pigmentation disparaît, le blanc s’écoule de son corps jusqu’à ce que le nuage soit transparent et presque invisible.

Ai-je besoin de mentionner que les brouillards ne sont pas des nuages ? Néanmoins, beaucoup de personnes les confondent. Sans vouloir entrer en lice, je dois inscrire ma ferme opinion selon laquelle les brouillards, qui ne possèdent ni peau ni canaux, ne sont rien de plus que des bancs de gouttelettes de lait dépourvus d’énergie qui n’ont pas encore trouvé leur place dans un nuage. Ces agrégats informes sont complètement différents des nuages bas avec lesquels ils sont souvent confondus du fait du lieu commun fallacieux mais souvent répété : nuages en haut, brouillards en bas. Pourquoi est-il si difficile d’accepter que, s’il est vrai que certains nuages préfèrent les couches supérieures de l’atmosphère, d’autres nuages, plus familiaux désirent se mouvoir plus près du sol ? Sommes nous, les humains (ou « nuages à jambes » comme j’aime nous appeler) tellement différents.

Les nuages malades vont souvent retrouver la terre. Si vous trouvez un nuage qui tremblote dans un champ et qu’il ne prend pas la fuite à votre approche, palpez-le doucement afin de vérifier s’il est toujours frais au toucher, et s’il reprend sa forme quand vous le poussez. Un nuage cystique sera chaud, sec et dur. Le danger immédiat est que le nuage éclate. Si la maladie s’est propagée à ce point, il n’y a qu’un seul remède : un tisonnier stérilisé doit être enfoncé dans le nuage. Un nuage ainsi forcé à se vider de son lait en sera traumatisé, mais c’est la seule façon de le sauver.

Si le nuage est chaud mais encore souple, couvrez-le avec une serviette humide et chaude afin de lui conserver son humidité et d’aider ses pores obstrués à s’ouvrir. À présent, vous devez le bercer doucement pour le mettre sur le flanc de sorte que vous puissiez éponger son aréole par un mouvement délicat et circulaire. Fredonnez quelque chose au nuage. De légers pépiements semblent aider le nuage à se détendre. Ne vous effrayez pas si son lait commence à jaillir, mais retirez la serviette et laissez le nuage s’élever. Vous lui avez probablement sauvé la vie.

Il y a aussi des nuages hystériques qui indiquent clairement qu’ils vont libérer leur lait mais qui restent secs ; ces nuages défaillants souffrent d’une sorte d’insanité, s’il est correct de parler d’insanité au sujet d’êtres qui ne montrent aucun signe de ce que nous appelons la cognition. Toutefois, nous ne pouvons pas nous empêcher d’anthropomorphisme avec ces nuages, qui nous ressemblent d’autant plus qu’ils sont troublés. Nous compatissons involontairement à leur « fierté » et à leur « détresse ».

D’autres soi-disant nuages laissent tomber un liquide froid, sans goût, non-nutritif. Autrefois, ce liquide était considéré comme empoisonné, mais nous savons maintenant qu’il est dépourvu de toute propriété, en bien ou en mal, ce qui fait froid dans le dos. Il ne s’agit pas du tout d’un véritable nuage, mais de la peau d’un nuage détourné par un liquide non lacté, obligé à emporter son chargement frauduleux sur les routes du ciel avec les autres, les véritables nuages. Ce liquide — ce liquide non lacté, cette abstraction — a ses admirateurs. Je les crains. Crée-t-il une dépendance ? Non, cette « eau » ne crée pas de dépendance. L’eau repousse le besoin comme elle repousse la passion, l’amour, la simple tendresse. Même la politesse est trop chaude pour elle.

L’eau est moderne, oh oui, cruellement moderne. Elle est le combustible d’un avenir aérodynamique. Sevré du lait, nous deviendrons des autocrates de la nursery, ayant laissé tomber nos nounours. Cet amour qui nous fait trembler de gratitude, nos fiançailles avec le ciel ardent, sera remplacé par un esthétisme blafard, la motivation des aquarellistes du dimanche et des colporteurs de fenêtres panoramiques pour ceux qui construisent eux-mêmes leur maison de campagne. Enfants, nous nous couchions dans l’herbe et ouvrions la bouche pour être nourris ; nous savions que le ciel ne nous oublierait pas, et il ne l’a pas fait. Dans le nouveau monde aqueux, nous devrons nous mettre à l’abri de la pluie — gouttes sans caractère aucun qui tombent sans raison d’un ciel dénué de sentiment. Si ce jour arrive que les nuages calomniés laissent tomber leur chargement, qu’ils ne s’arrêtent jamais. Quarante jours et quarante nuits tombera la pluie, jusqu’à ce qu’il y ait de l’eau, de l’eau partout, et pas une goutte à boire. Je me noierai en ayant soif, avec le goût du lait sur la langue.

Description : Caractéristiques physiques
(Tiré du Guide de Conversation de l’écrivain du ciel)

• le ciel était sombre et insolent et, malgré une visibilité à 100%, intouchable
 
• notre regard passa du bleu incandescent — des sommets gonflés, immaculés des nuages — à leurs bas-ventre pansus
 
• derrière un modeste plafond nuageux, le ciel n’était que bouillonnement thermal et pentes humides
 
• nous sentions la sensualité palpitant derrière la dentelle immaculée de la couche de stratus
 
• il y avait une touche exaspérante d’arrogance dans les cirrus si négligemment exhibés au-dessus de la riche bande de brouillard

Il est possible de calculer combien le ciel nous aime. Cela peut s’exprimer selon des formes différentes, à savoir : (1) la pression lactaire m, qui est la portion de la pression atmosphérique totale p exercée par le lait ; (2) l’humidité relative m/ma, qui est le rapport de la pression lactaire existante à la pression lactaire maximale (saturation) a déterminée par le degré de tendresse ressenti par le ciel (il faut remarquer que la pression lactaire à saturation est une fonction du seul amour, et qu’elle décroît exponentiellement avec le degré de passion, c’est-à-dire que, plus le ciel ressent d’amour pour nous, moins il va retenir de lait) ; (3) le point de rosée, lequel est l’intensité du sentiment romantique à laquelle l’air doit être élevé, dans les conditions existantes de la pression lactaire, pour atteindre la lactation.

L’ancienne superstition selon laquelle les personnes nées pendant une tempête de lait auraient des pouvoirs spéciaux leur permettant de faire tomber le lait est presque devenue respectable. Quelques maires des villes des États laitiers ont même engagé des docteurs de lait à l’ancienne mode pour masser les nuages et chanter pour faire pleuvoir le lait. La coutume barbare de tirer des missiles dans les nuages, par contre, a été presque complètement éradiquée par la violence de la réaction publique. Même les pays peu aimés par les cieux ont en grande partie été persuadés de ne pas tendre d’embuscade aux quelques nuages qui passent chez eux avec des fusils ou des flèches et d’adopter des techniques plus douces. De célèbres docteurs de lait ont fait des voyages très médiatisés dans ces contrées sans amour afin de chanter des chansons laitières et appeler les nuages. Les résultats n’ont pas été bien spectaculaires, mais il faut du temps pour rechercher les faveurs de cieux aussi austères que ceux-là.

Action : Attirance, Désir
(Tiré du Guide de Conversation de l’écrivain du ciel)

• l’Ouest soutenait notre regard ardent avec un sombre défi, mais une excitation grandissante teintait l’Est d’une bouffée de rose
 
• les cimes roses se raidirent
 
• l’air lui-même semblait électrifié
 
• la force de Coriolis serrait le ciel comme un étau
 
• les nuages picotaient/fourmillaient/brûlaient devant la ceinture soyeuse du vent
 
• une diffusion turbulente répandait de la chaleur dans tout le corps du ciel, jusqu’à ce qu’il ne puisse s’empêcher de lâcher un coup de tonnerre

Dans les livres, cela paraît simple. « Ciel rouge le soir, signe d’espoir. » Une chose mène à une autre, un « délicieux frisson » parcourt l’« empyrée » et on ne tarde pas à nager dans le lait. Nous sommes transportés par le ciel sur la page. Mais le ciel au-dessus de nous nous met légèrement mal à l’aise tant il est immobile et plein d’attente. Nous écrivons le ciel est magnifique ici à l’arrière des cartes postales qui le démontrent mais, lorsque nous nous rendons à la boîte aux lettres, nous gardons les yeux baissés. Nous achetons des nuages gonflables en plastique et nous restons à l’intérieur.

Autrefois, nous savions tous comment faire l’amour au ciel. Regardez un bébé pétrir, sucer, remuer les lèvres. Dans nos premiers instincts, nous pouvons déceler les linéaments de cet art ancien. Mais nous vivons à une époque incertaine, et nous n’avons plus confiance en nous-mêmes. Je vais tenter, donc, d’apporter quelques conseils.

D’abord, le ciel nous aime. Il fera pleuvoir le lait sur nous quoi que nous fassions, de même qu’un bébé est caressé alors qu’il pleure et n’a pas besoin de faire des mines ou d’avoir l’air mignon pour qu’on lui gratte le menton. Nous avons peur d’avoir l’air idiot, ou dans le besoin. Nous avons peur de faire ce qu’il ne faut pas. Abandonnons donc ces peurs.

Il y a énormément de place pour les variations dans l’acte d’amour. Il est vrai que c’est justement cette liberté d’action qui terrifie les débutants. « S’il faut un fouet, disent-ils, apportez-moi un fouet de calibre adéquat, et enseignez-moi à m’en servir ; si c’est le service bras tendu, très bien, ou le pas de flamenco, je me chargerai de l’apprendre, mais ne m’envoyez pas dans la cour à l’arrière sans rien dans les mains avec le ciel voluptueux qui s’étend au-dessus de moi ! » On peut certainement se servir de fouets, et de raquettes et de claquements de talons staccato. Tout autant que de manches à airs, de rubans, de ballons ; ainsi que de l’analyse textuelle et du montage de mouche. En bref, les techniques qui plaisent au ciel sont sans fin, si elles sont exécutées avec sentiment, commençons donc par les fondamentaux, et laissons le reste aux goûts de chacun.

Allez à l’extérieur. Vous ne savez pas comment faire pour que le ciel vous remarque ? Ne vous inquiétez pas. Le ciel vous touche déjà. Le moindre de vos mouvement est une caresse.

Recourbez un doigt. Vous sentez une légère résistance ? Essayez une fois de plus. Une certaine timidité, comme quand on se fait prier, se transformant presque immédiatement en un gai abandon ? Tendez sans crainte les bras en avant et étreignez le ciel. Vous allez devoir vous habituer à sa texture ; le ciel est si doux, il accepte tout ce que vous faites. Nous ne sommes pas habitués à autant de liberté. Ouvrez la bouche et laissez le ciel se glisser, puis refoulez le gentiment. Maintenant, soufflez doucement. Vous sentez une brise ? Faites-y jouer vos doigts. Pressez vos pouce dans le ciel, puis insérez vos doigts, un à la fois, ouvrez lentement l’espace que vous avez créé. Ne craignez pas de faire mal au ciel. Tirez sans interruption vers le haut et l’arrière. La viscosité moléculaire augmentera. Dites au ciel combien il est joli. Agitez un peu les doigts. Laissez le ciel peser sur vous, mais résistez.

Quand vous verrez les nuages s’amasser, plus ou moins tout ce que vous ferez leur procurera du plaisir. À présent vous n’avez pas besoin de craindre d’être un peu trop brutal. Les fouets et les raquettes mentionnés plus haut peuvent être utilisés. Cherchez le point de plaisir du ciel et vous pourrez y aller de toutes vos forces. Maintenant est venu le moment de faire résonner avec assurance les chansons traditionnelles du lait. Si vous n’êtes pas un chanteur, pas d’importance ! Les cris incompréhensibles charment le ciel tout autant.

C’est presque le point de rosée. Oubliez la technique. Le ciel vous aime. Les nuages sont massés au-dessus de vous. Voulez-vous du lait ? Il suffit de mettre les mains en coupe, et de dire au ciel je t’aime.

Action : Chute de lait
(Tiré du Guide de Conversation de l’écrivain du ciel)

• le ciel s’abandonna complètement, et connut le flot du plaisir incontrôlable
 
• la douce agonie arracha des effluves humides au centre palpitant du ciel
 
• nous fermâmes les yeux lorsque les gouttes tièdes inondèrent nos visages tournés vers le haut.
Traduction : Bernard Hœpffner