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Le récit de Chloe à Saint-David’s Head

Chloe, la fille de Bernard s’est rendue à Saint-David’s Head avec sa mère, Helen. Voici son récit, transcrit par mes soins.

Le Policier Steve O’Leary, chef de l’enquête est venu nous chercher à la gare et nous a emmené directement à la station de police de Cardigan pour parler avec les deux témoins qui vivent là-bas. Son dernier contact avec l’humanité ne pouvait être avec des personnes plus gentilles, Jackie et John.


Ce qui est étonnant est qu’elle est diplômée en littérature française et francophile. Voilà ce qu’ils m’ont raconté.
Jackie et John marchaient sur la pointe de Saint-David’s Head, le temps était beau, il y avait du soleil et il faisait chaud à l’abri du vent. Comme ils voulaient manger leur pique-nique, ils ont descendu la falaise, d’une hauteur de 50m, et à 20m de l’eau ils ont vu un blouson laissé sur un affleurement avec une pierre posée dessus et un homme qui nageait lentement d’un bord à l’autre d’une petite crique de 10m de large.
C’était Bernard, il était sans lunettes et portait tout ses vêtements et un sac à dos. Ils disent qu’il y avait une méduse à crinière de lion qui nageait à côté de lui. Cela m’a marqué parce que le dernier cadeau que j’ai offert en mars à Bernard est un dessin au crayon d’une méduse. Il a tourné la tête pour les regarder mais je crois que, sans lunettes, il n’aurait pas pu voir autre chose que des formes mouvantes. L’eau de la crique était très calme.
Les policiers m’ont dit que l’eau, ce jour là, était très froide et provoque très rapidement une hypothermie qui rend les mouvements très lents. Le couple a trouvé que sa manière de nager tranquillement dans l’eau froide était très bizarre. Il est arrivé à un rocher pour s’y accrocher. Ils l’ont appelé : « vous allez bien ? » et il a répondu d’une voix faible : « non ». Alors Jackie et John ont essayé de trouver une manière de descendre pour l’aider. Comme ils ne trouvaient pas la façon de le faire rapidement, ils sont revenu à l’endroit précédent mais là ils ne pouvaient plus voir Bernard, ils ont alors appelé la police.
La police, les garde-côtes, un hélicoptère et les chaloupes de trois stations de sauvetage sont arrivés rapidement pour effectuer une recherche extensive de la côte avec toutes ces petites criques. Ils ont mis une bouée à l’eau pour voir son trajet et, après une heure, ils ont vu que la bouée s’était déplacée de 5 km directement vers l’ouest, dans l’océan atlantique (ce jour là, il y avait un courant très fort et la marée était sur le point de tourner).
Je crois que vous connaissez ce qui a suivi, la recherche jusqu’à la nuit et le jour suivant une autre recherche extensive. Il n’y avait pas seulement les bateaux des garde-côtes et les chaloupes de sauvetages mais aussi plusieurs bateaux de plaisance qui avaient entendu le message d’urgence à la radio, comme la réceptionniste de l’hôtel « Cross Hotel » où il avait passé la nuit et qui est parti avec une chaloupe de sauvetage le deuxième jour.
Ma mère Helen et moi-même nous sommes restées passer la nuit chez leurs amis John et Joe qui vivent à Dinas, à 15 km de Saint-David. John et Joe étaient les voisins et de très bons amis de Bernard et Helen à Wilkes Street (Londres) et quand Bernard a quitté Londres pour le Pays de Galle il leur a cédé son entreprise de restauration et d’encadrement. C’était John qui avait conseillé à Bernard de demander à louer la station de sonar où il a vécu pendant ces années.


Hier, j’ai retrouvé sur la plage de White Sands DC O’Leary, John, Jackie et DC Paddy (le policier arrivé le premier sur les lieux) et nous avons fait le chemin jusqu’à Saint-David’s Head ensemble, il y avait beaucoup de brouillard. Après 45’ de marche, nous avons trouvé l’endroit. Helen ne pouvait pas descendre car c’était très escarpé, nous avons descendu la moitié de la falaise mais le vent était très fort et nous ne voulions pas prendre de risques. Après quelques minutes, une chose très étrange s’est passée… une bulle de 12 cm de diamètre (comme le font les enfants avec du savon) est apparue, venant de sous un affleurement près de l’eau, elle a flotté au-dessus de nos têtes et a disparu dans le ciel. Nous l’avons tous vue, ce n’était pas une hallucination !
Ensuite, les policiers qui ont été très gentils et serviables durant tout le temps passé là-bas, nous ont emmenés ma mère et moi visiter l’hôtel où il était resté la dernière nuit et nous avons parlé avec Hanna, la réceptionniste. Elle a dit qu’il semblait normal, qu’il s’était enregistré sous le nom de « Wilkes » (le protagoniste de son roman Windows) et qu’il s’était plaint de la préparation de son bar.
Cette nuit l’avion a décollé vers l’ouest, au-dessus de la côte de Pembrokeshire et je garde la vision du coucher de soleil qui formait une aura sur le vaste Atlantique autour de Saint-David Head.