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Salmigondis (Mulligan Stew)

Bernard Hœpffner

Salmigondis (Mulligan Stew)
Bernard Hœpffner

Bien qu’un mulligan stew soit une sorte de ragoût irlandais composé de tout ce qui tombe sous la main du cuisinier, le roman de Gilbert Sorrentino n’est ni « aussi mystique que l’Irlande » ni « aussi frais que la brume maritime ». Ce livre légendaire, publié en 1979, dans la lignée directe de Sterne, de Joyce, de Beckett, d’Evelyn Waugh, de Ronald Firbank et de Flann O’Brien, rassemble plus ou moins toutes les techniques littéraires pour les parodier et en faire la plus métafictionnelle de toutes les œuvres littéraires. Pour reprendre les mots de l’auteur sur son livre : « Il s’agit d’un monde abstrait. Il ne reflète rien, n’imite rien, il n’est pas le miroir de la réalité. Il est, en termes de littérature, une réalité, et c’est tout. C’est un peu comme s’il se trouvait dans une boîte sans air dans une espèce de vide. J’espère que, dès que quelqu’un aura mis le pied dans le livre, il se trouvera dans un autre monde. » Ou encore, comme le dit l’auteur dans le livre lui-même : « Le livre, qui se vautre dans le péché mortel du livresque, n’a sans doute aucune chance de provoquer l’intérêt d’une huile de l’Industrie de la Communication, il n’alimentera pas non plus le sens moral de la jeunesse. C’est un livre long et il coûtera donc un peu plus que quelques verres de Scotch dans un bar et un mauvais film — très, très au-delà de la capacité d’achat des personnes intelligentes de la classe moyenne. Il est, par endroits, follement hermétique tandis que d’autres passages sont pleins de longueurs. Cependant il devrait faire sourire toute personne n’appartenant pas à la confession méthodiste. En d’autres mots, c’est une œuvre d’imagination. »