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Les Aventures de Lucky Pierre (Robert Coover) : Titres & Bobine 1 : Cecilia

Traduction : Bernard Hoepffner

(Cantus.) Dans l’obscurité, doucement. Un murmure se transformant en son, en l’écho d’un son. Dolente, une douce complainte naissante poussée dans la nuit comme un vent, comme l’écho d’un vent, un plain-chant s’élevant au loin à travers les chambres venteuses de la nuit, s’élevant à l’unisson à travers les chambres espacées de la nuit amère, hélas, la cité solitaire, elle qui grouillait de monde, de la sorte un épicédion lointain et creux nuancé de sibilantes pleurant la cité solitaire.

Et à présent, le tremblotement d’une lumière, une pâleur émergeant de l’obscurité comme éclairée par une chandelle, une chandelle coulant dans le vent froid, une chandelle oubliée, cachée puis retrouvée, projetant sa douteuse lueur sur ce plan délavé et livide, tantôt visible, tantôt perdue à nouveau dans les ténébreuses absences derrière l’œil.

Et toujours la plainte amuïsante, en dépit de la lumière, jouant des fricatives comme un vent affligé et persistant, l’écho d’une affliction, affanato, piangevole, un vent piangevole s’élevant dans la nuit bruissante avec des primes parfaites, pleurant la belle princesse devenue veuve impure, émergence en C , un C titulaire, hésitant et entre parenthèses, la veuve donc, sanglotant de chagrin dans la nuit, la chandelle cherchant une forme dans la pâle étendue, la suggestion d’une forme, un baume pour l’œil avide, pleurant elle plore.

La lumière tremblotante, la lumière du monde, à présent plus ferme en son centre, vacille en chancelant aux confins extérieurs, enlacements de paraboloïdes tangibles dans une douce angoisse, le plain-chant explorant son mode, troisième position transversale, car de tous ses amants il n’y en a pas un seul qui la console, et l’œil qui trouve un horizon, qui découvre enfin une géographie distante de nœuds synclinaux, dénudés, balayés par le vent, tantôt flous, tantôt définis.

Tantôt définis : une étrange vallée, plus claire à son médian et sur ses sommets que le long de ses pentes, l’évocation là peut-être d’une végétation, comme un bosquet de pins enseveli sous la neige, et toujours la mélopée épicédiale, sospirante, elle est traquée comme un animal que l’on chasse, C puis C puis F de nouveau, elle n’y a point trouvé le repos. Combien sont mortes ici ?

Le plain-chant, lancé dans la vallée lugubre comme une veuve affligée, continue à pleurer la cité solitaire. Rattrapé dans les étroits défilés. Continue à se désoler, ignorant les illuminations graduelles, une désolation prise dans des acrostiches secrets, pour finir en captivité. Toutes ses portes sont désertes. L’œil court dans la vallée jusqu’à son embouchure béante, passe un éparpillement d’excroissances obscures aux pointes illuminées, court dans l’étroit défilé jusqu’à son radical, ce puits encaissé et désolé, en deuil de son if arraché, ses prêtres ne font que gémir, ses vierges sont toutes défigurées de douleur. Gravis. Innig. Dans l’amertume, oui, con amarezza, elle est remplie d’amertume.

Au-delà de ce foramen guilloché, cratère affaissé trop affligé pour exposer son centre à la mélopée ou à la chandelle, s’étend un champ plus lumineux et tranquille, et pourtant encerclé de signes d’une multitude d’iniquités, tendu d’incertitude et d’atténuation, pour ainsi dire un simple propylée du conventicule rompu d’extravagance et de sauvagerie à peine un peu plus loin, un peu plus bas…

Ah ! Quel spectacle, ce sauvage terrain fendu violemment de part en part et exhibé comme une tombe ouverte ! La lumière éclate et pâlit, frissonne, comme prise dans une soudaine tempête, comme éclipsée par la fuite d’une harde de cerfs. Oh malheur, on a refusé à ses princes le droit de pâture, la nature se convulse et une terrible commotion, déchirée par les plosives, se répand partout. Angoscioso et disperato, intervalles de flux et de reflux dans la frémissante pénombre matinale.

Des barres noires rayonnent de cette turbulente arène, marquées sur les collines avoisinantes telles les zébrures d’une canne au jour du courroux, et à l’extrémité des barres noires, tels des manches de fouet pour estropiés, des lettres. Des neumes tremblotants : ORIFICE VAGINAL, LABIA MAJORA. Et pas un propylée : un PÉRINÉE. ANUS : le puits affligé. Hélas, méprisée parce qu’ils ont vu sa nudité. C puis C puis F de nouveau. Tel l’écho de lettres, l’ombre de codes, le souffle de lèvres, oui, elle souspire, et détourne la face, un simple cantique, notations rédigées sur la croupe d’une femme agenouillée, sur cette femme agenouillée, sur cette croupe : URÈTRE, CLITORIS, indications en noir qui trillent dans cette lumière spectrale crépusculaire, lumière du monde, lumière d’une cité solitaire au bout de la nuit, l’heure la plus froide.

Entre les intrados s’ouvrant de ses cuisses massives, sous la vallée amère, à travers un filigrane de lettres mystérieusement suspendues sous l’arche — MONS Veneris, d’abord aigu, puis diffus — au-delà et à travers tout cela on peut voir les mamelles lointaines, suspendues dans le vent, soufflées par le vent de l’aube, oh, en conséquence elle est magnifiquement descendue, sa dernière extrémité oubliée, lourdes mamelles prêtes à la traite, leurs grasses aréoles gonflées de promesses. Elles oscillent au vent, et quelque chose, d’ailleurs, s’en échappe, oui, pareil à du lait gelé : De la neige ! La neige tombe, tombe des grosses mamelles, la neige tournoie dans le vent acerbe, sous le pâle ventre ondulé de l’aube hivernale, s’échappe de l’ANUS et du CANAL VAGINAL, il neige sur la cité.

Seigneur, considérez mon affliction ! Une immense désolation, la cité, la cité affligée, aussi loin que porte le regard, des pierres entassées jusqu’au bout du monde, couchées et mortes en hiver, mortes sous la tempête ; quelles mains ont pu ériger une telle vacuité ? l’ennemi s’est élevé avec orgueil. Et pourtant, decrescendo, ceci, les intervalles brouillés par le gémissement grinçant de moteurs à basse vitesse, car malgré tout des tours peu distinctes, effleurées de rubis, s’élèvent obstinément dans les tourbillons de neige, en contrebas une multitude de lumières clignotent rouge et vert en progressions fugales, des cheminées soufflent de noires inversions et poussent une provocante clameur d’acier entrechoqué, et la neige elle-même est avalée par un million de ruelles sombres, alors même que leurs effrayantes obscurités sont effacées par la neige aveuglante.

Dans la cité, dans la neige, sous le ventre gris du matin métropolitain, marche un homme, marche l’ombre d’un homme solitaire, pareil à la silhouette d’un panneau de passage clouté, le photogramme d’un homme qui marche, pris dans un triangle blanc et vide, une aridité à trois côtés, marchant seul en une parabole de triades vides imitant la vie, entre deux lignes, encouragé pour ainsi dire par son but même : marcher à jamais entre ces deux lignes pointillées, qu’il neige ou pas, en acceptant ses risques — ou plutôt, peut-être est-ce bien un panneau de passage clouté, brouillé par la neige tourbillonnante, et, oui, l’homme passe en dessous à ce moment précis, entravé dans le chenal imaginaire, la voie étroite en pointillé, perpendiculaire. Il est là, misérablement recroquevillé face à la neige et au froid du petit matin, misérablement blotti dans ses propres vêtements, croisant les piétons, ces ombres d’hommes accomplissant leur traversée en pointillé, perpendiculaire, en rencontrant quelques-uns aussi de face, se faufilant dans la foule agitée et qui a froid, tandis que des klaxons retentissent et que des freins à air sifflent, des sirènes mugissent, tout son peuple soupire — ils cherchent leur pain —, le dernier écho gémissant de plain-chant s’égouttant comme une chandelle dans le trafic matinal.

Son chapeau enfoncé jusqu’aux oreilles et jusqu’à ses sourcils froncés, le col de son pardessus remonté jusqu’au bord du chapeau, son écharpe jusqu’au menton, il est presque enseveli dans son habit hivernal. Seuls ses yeux sont fixés droit devant lui, pleins de la contrariété et de la volonté d’aller de l’avant, et en dessous son nez pincé, narines évasées par l’indignation, ses joues roses gonflées, soufflant des nuages d’haleine givrée entre ses dents qui claquent. Sous la moustache, sa bouche est plissée en une courbe rigide autour de ses deux dents de devant ; bon dieu, mais qu’il fait froid, qu’est-ce que je fous ici ? Ses mains sont profondément enfoncées dans les poches de son pardessus et — émergeant de ses épais vêtements à chevrons tel un borgne mécontent et irascible — son pénis, raide comme un tisonnier dans le vent matinal, étincelant de cristaux de glace, le bout livide, frappant avec agressivité la foule morose, cette masse tournoyante de corps sombres ayant trop froid pour avoir une identité, luttant dans la neige, leurs sens harcelés, obsédés par une unique pensée, qui est d’empêcher leur cerveau de geler.

Oh, pauvre connard imbécile, je suis dans de sales draps, gémit-il pour lui-même tout en allant de l’avant, joues ruisselantes de larmes, les dents qui claquent, de la morve gelée dans sa moustache, en galère, les explétifs étant la seule chose qui lui apporte un peu de chaleur, dont il peut prétendre qu’ils lui apportent un peu de chaleur, se frayant un chemin dans une hébétude de plus en plus épaisse, esquivant les suicidés, transi de froid et s’apitoyant sur son sort, fatigué de se tenir droit mais inquiet à l’idée de ne pas le faire, levant les pieds puis les reposant, et le voilà qui passe, une légende vivante, qui sait, peut-être le dernier de son espèce, aperçu dans une tempête de neige tourbillonnante, à travers une tarlatane de messages, un filtre de mots mal réglé, se lamentant sur l’entropie glaciale du monde et sur la neige dans son cou, secoué sur cette mer froide d’endeuillés pathétiques, cette compacité isocéphalique de souffrance et d’affliction, la cité mourante, et lui qui s’y trouve, envoyant tout ça en enfer et pourtant refusant de laisser tomber, refusant de s’affaler et de se laisser écraser dans la neige fondue, et ainsi malgré tout célébrant la conscience, à sa misérable façon, l’homme du moment, le seigneur de la jambe-en-l’air, la star, le seul et unique : Lucky Pierre.

Le crissement et le rugissement des voitures qui passent sont modulés et se transforment en une sorte de rythme sans mesure, moins une pulsation qu’un flux et reflux sans dessein, parfois étouffé, parfois claironnant et cuivré. Le métro gronde sous terre, des marteaux-piqueurs vibrent dans les ruelles, et on entend de temps à autre là-haut le tonnerre des avions à réaction pareils à des pets célestes. Des poubelles renversées se répandent bouteilles, journaux, pamphlets, fœtus morts, appareils photo et téléphones mobiles jetables, rouleaux de câble noir, cuillères brûlées, vieilles chaussures. Les voitures, dérapant avec grâce sur le verglas des rues, s’écrasent cérémonieusement les unes dans les autres, avec le bruit étouffé de coups de cymbales, projetant têtes et cadavres à travers leur pare-brise en miettes et se froissant avec un bruit de percussion dans les congères. Au-dessus de la foule, un panneau s’enquiert : QUE FAIT MA BITE DANS TON CON, LIZZIE ? À six pâtés de maisons de là, dans une rue perpendiculaire, l’auvent d’un cinéma répond : ELLE ME BAISE ! ELLE ME BAISE ! OH SI GENTIMENT !

Une petite vieille, appuyée sur sa canne, hésite au bord du trottoir, examine le feu tricolore, qui passe à ce moment-là du vert au rouge. Ses lunettes sont recouvertes de givre ; des chandelles de glace pendent de son nez ; sa main libre serre un vieux châle élimé et tremble contre sa poitrine. L’homme, notre héros, tentant de passer avant que le feu ne change, se précipite, mais pas assez vite, et s’arrête en dérapant, un glissando en plein dans le dos courbé de la vieille dame, une poussée de son pénis raide l’envoyant les quatre fers en l’air dans la rue. On entend une brève plainte pareille au couac d’un dindon lorsqu’une benne à ordures lui passe dessus. Malgré son grand âge, cela reste plutôt viscéral, mais le trafic ne tarde pas à l’aplatir, ses entrailles se mêlant à la neige fondue et sale, ses vieux haillons épongeant le reste.

— Dommage, marmonne quelqu’un.

— La vie est dure.

— Ces putains de balayeurs de rues, jamais là quand on a besoin d’eux.

Les feux changent, la vieille dame est piétinée. Un brouillard de pieds pressés, frappant, broyant, foulant le sang, la bouillasse et la neige. Des milliers de pieds. Qui vont dans toutes les directions. Vouish, cromp, cromp, stomp. Foulant des mégots, des capotes, des os rongés, des piles usées, des emballages de chewing-gums. Une montre de gousset. Des boîtes de films et des cannettes de bière. Cromp, cromp, cromp, une sorte de continuo râpeux. Jouets à remontoir et boucles de ceinture. Appareils dentaires égarés. Tambour denté de projecteur. Aiguilles hypodermiques. Talons de ticket. Tous ces pieds gelés avançant de concert, vouish, vouish, presque un chuchotement : C’est ça, Maggie, lève ton cul et — vouish, cromp, cromp — chatouille mes couilles ! Oh merde, qu’il fait froid ! Quel putain de froid !

Non. Arrête de penser à ça. Change de lieu. Pense chaleur, pense vert. Allez, lève ton cul et, vouish, cromp, laisse-toi aller. Pense nymphette. C’est mieux. Derrière un arbre peut-être, risquant un coup d’œil d’un côté, montrant ses douces petites fesses de l’autre, illuminées par le soleil. Le soleil ! Imagine ! Au bord d’une prairie, disons, la voilà, vas-y donc. Hop deux trois. Dans les fleurs sauvages, dans la forêt tachetée d’ombre et de lumière — elle s’élance, sa queue flamboyante éblouissante comme la couette d’une daine, quelle vision ! — par-dessus des troncs abattus, des branches qui se brisent et des feuilles sèches, lève les pieds, repose-les, et voilà que tu gagnes du terrain, lance-toi dans le ruisselet du torrent, grimpe les rochers couverts de mousse tiède, ne t’arrête pas ! Une sorte de musique…

(Partie avant d’un lourd autobus, fonçant dans la rue de la ville, faisant gicler la neige, la transformant en une écume noire : blaaaat ! Imprimé sur le panneau indiquant sa destination derrière le pare-brise sale : LES AVENTURES DE LUCKY PIERRE.)

Cantilène peut-être, jouée sur une syringe, bien. Cissy aimerait ça, all’ antico, parfait. Le derrière scintillant de la nymphette l’entraîne, ici et puis plus là, clins d’œil semblables à l’image tremblotante d’un zootrope dans les arbres et la lumière tachetée, l’attirant de plus en plus près, et lui qui halète, son cœur qui bat, il l’a attrapée, ils luttent maintenant, leurs membres emmêlés, pas de neige, pas de vent, c’est magnifique ! — non, elle a pris la fuite ! — non, il la tient, elle le tient, c’est ça, n’arrête pas, ils roulent, ne t’arrête pas, bon dieu, ils roulent au ralenti et sortent de la forêt jusque dans l’herbe douce de la prairie, écrasent pâquerettes et boutons d’or, les flûtes s’éloignent, le silence inonde à présent l’espace vert ensoleillé, son cœur qui bat dans ses oreilles, les bruits de la ville qui diminuent jusqu’à ne plus être qu’un murmure folâtre dans la forêt qui fond —

(Rugissement soudain de l’autobus avançant dans la neige en éclaboussant, noirci de suie, ses antibrouillards luisant faiblement, klaxon hurlant. Peint d’un pistolet maladroit sur l’un des flancs boueux, sous les vitres graisseuses : DIRECTORS’ CUT. Les rues de la ville, les bâtiments, les passants, le trafic défilent rapidement.)

Chchut ! On y arrive ! Pas seulement une mais elles sont neuf maintenant, une superbe anthologie dans la prairie ensoleillée, c’est bien ça, neuf nymphettes les pieds en l’air en un cercle serré, en équilibre sur leurs petites épaules, dos contre dos, fesses contre fesses, radieuses comme des pêches au soleil, jambes écartées comme les pétales d’une fleur. Il plane et s’active, agite ses membres, dard exposé, haut au-dessus du sol, admirant la corolle, les nombreuses tiges, chacune ayant son style et son stigmate, les pappes multicolores agités par la douce brise estivale ; puis il se laisse tomber — nous y voici ! — pour mordiller gentiment les carènes, sucer les étamines, se glisser dans les septes et en sortir. Au loin : le bruit de trompettes bouchées qui revient —

BlaaaAAAAAAATT ! D’un bond en arrière il tente de rejoindre le trottoir, mais trop tard, un bus arrive droit sur lui — THWOCK ! — et frappe sa trique dans le rugissement de son passage : Il hurle de douleur, toupille sous l’impact et est propulsé dans la foule qui traverse à présent que le feu a changé, renversant une douzaine de personnes. Il aperçoit le bus qui fonce dans la rue, traînant une fumée noire comme des ombres projetées, une publicité étalée à l’arrière — JE VOIS SON CON, GUSSY ! — et ce qui ressemble à un œil de cochon grand ouvert sur la lunette arrière, qui le regarde fixement. La foule qui se précipite et trébuche sur lui, jure et pleure :

— C’est comment, Nelly ?

Il titube jusqu’au bord du courant, frottant sa queue endolorie, cherchant une raison de continuer, cherchant quelque chose pour l’envelopper. Il trouve un clochard endormi sous un journal et s’approprie la première page avec son grand titre : UNE GROSSE BOUCHE POILUE SUÇANT SA PINE POURPRE.

Oh, hé, écoutez : ça suffit merde. Ça va comme ça. Fini. On abandonne.

Il s’assied au bord du trottoir, renifle, misérablement recourbé sur son gourdin abîmé, à présent enveloppé dans du papier journal froissé, tentant en vain de soutirer des rêves verts de ses lobes pris dans la glace, tentant en vain de se rappeler toutes les choses plaisantes datant des jours d’antan, toutes ces délices de l’œil et du goupillon, sentant le froid envahir en même temps son cul, nul chagrin n’égale mon chagrin : amer extrait de l’aubade diatonique. Quelque chose semble l’abandonner, un ressort a lâché, un glissement…

Non ! s’écrie-t-il, pris d’une soudaine panique en se redressant d’un bond. Oublie toute cette merde, fous en l’air ces images ! Fais-le avancer, bon dieu : hop deux trois quatre ! Il court maintenant à toute biture, bite secouée frénétiquement, menaçant l’opposition, réarmant le ressort, sautant par-dessus l’absence de vie, son objectif en vue, chauffage central, bain chaud, tout ça, vais y arriver — oups ! pardon m’dame !

— Bonjour, L.P.! Oooh ! Très joli !

— Bonjour ma petite ! (whouf !) Après vous !

— Eh bien, merci beaucoup, Mr. P.!

— Bonjour Monsieur ! Merci Monsieur !

Ah, merde, n’est-ce donc rien pour vous, vous tous qui passez par ici ?